lundi 19 décembre 2011

Du ciel d'hiver

Il est des moments où, tandis que je contemple le ciel d'hiver, je ne puis empêcher les larmes de me monter aux yeux. La beauté d'une telle scène me captive et m'émeut de la plus belle manière qui soit, en remplissant mon cœur d'une doucereuse tristesse.

J'ai déjà abordé, je le crois, ce point : ma peur la plus grande est de disparaître dans l'indifférence la plus totale. J'ai pu voir les ravages du temps sur les souvenirs et la mémoire. Rien ne saurait être plus triste que ces cimetières de tombes anonymes, ces morts inconnus abandonnés par l'humanité et oubliés de l'Histoire. Il n'est pas de destin pire que finir oublié, mais je suis d'avis que je préférerais encore être oublié que connu pour mes crimes.

J'abomine le fait de pouvoir un jour rejoindre ces inconnus, reposant sans jamais recevoir de visites ou sans qu'on évoque leur histoire ou leur nom. Ils restent là, existant toujours un peu jusqu'à ce que vienne le jour où plus personne ne pourra jamais parler d'eux à nouveau, et alors ils disparaissent pour toujours de la mémoire de l'humanité. Certains parviennent à survivre à travers les âges mais au fil des siècles même leur renommée commence à se dissiper.

Ainsi, en devenant célèbre, nous n'obtenons qu'un sursis, nous ne survivons que quelques années de plus que le quidam lambda et le temps finit malgré tout par nous rattraper pour nous emmener rejoindre nos négligés disparus.

Rien n'est éternel et la volonté même de l'être n'est qu'un désir humain profondément égoïste, je le réalise et l'accepte. C'est précisément pour cette raison que je tiens à ne pas faire partie des premiers oubliés. Dussé-je mourir jeune et que mon nom survive un peu plus longtemps, j'en serais là plus satisfait certainement qu'en mourant vieux pour disparaître aussitôt des mémoires.

C'est pour cela que la vue du ciel d'hiver m'émeut tant : il montre clairement la froide étreinte du temps sur les choses et les flocons de neige qui en tombent ont tôt fait de dissiper les choses les moins hautes et de les cacher à la vue des Hommes.

Nos vies ne sont jamais que de petites choses sous une éternelle pluie de flocons qui finit par tout recouvrir. Afin que d'aucuns par le monde gardent notre souvenir le plus longtemps possible, montrons-nous grands par nos âmes, nos actions et notre volonté pour mieux perdurer  et marquons le monde par notre passage !

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