dimanche 27 avril 2014

La Mort de la Beauté

La Mort de la Beauté

I

En son repère trône l'immaculée Beauté
Que nul n'osa ni ne put jamais contempler,
La splendeur rêveuse au regard ensorcelant
Encadré par sa chevelure de serpents.

Ses grands yeux aux reflets inconnus
Captivèrent autant d'hommes qu'ils en ont perdu
Tous devenus statues pétrifiées
Contre sa volonté, ceux qu'elle avait aimés

La mortelle amante versait d'amères larmes
Sur la dépouille du dernier infortuné
Qui avait succombé à son triste charme
Lorsque surgit le vaillant fils de Danaé :

Persée, superbe, s'avance, sorti de l'ombre
Son regard détourné de la Midas amoureuse
Et s'élance pour tuer la malheureuse
Armé de son brillant écu, héros sombre

La triste Gorgone se résigne à son sort,
Sur le funeste bouclier dardant son regard,
Elle se donne à elle-même la même mort,
Regardant son regard, dans ce grave miroir.

Le héros monstrueux lui tranche la tête
Et de son sang jaillit une sublime bête :
De la beauté morte renaît la beauté vive
Et la beauté la sensibilité ravive

II

Persée, reconnaissant donc sa tragique erreur,
S'assied au bord de la rivière et pleure
La mort de la Beauté et ses derniers éclats
Jaillissant des yeux mourants de Médusa.