Il est des moments où l'on se sent d'écrire
Et cependant, on ne sait trop que dire
Le sentiment en est déplaisant
Et l'on se sent perdre son temps
Ainsi perplexe face à la feuille blanche
L'ennemie, tout de papier faite, se tient face à moi, franche
Elle sait lire en moi comme un livre ouvert
Face à sa détermination, je désespère
Je tente maladroitement d'inscrire quelques mots
Sur sa fine et froide chair d'albâtre, de la pointe de mon stylo
Peu à peu, lentement, j'assemble mes esprits
Et c'est ainsi que finalement, je le dis
Il est inutile pour écrire d'attendre l'inspiration
Sans sujet défini, pensez, divaguez, écrivez, en toute saison
N'ayez pas pour objet de vous fixer une idée
Simplement, longuement, réfléchissez
C'est ainsi qu'une à une viennent les lettres
Petit à petit l'on se sent devenir maître
Des syllabes, des mots, des phrases,
Tout cela sur la cellulose entre en phase
Des univers alors progressivement se créent
Sur ce qui n'était avant qu'une feuille de papier
Des mondes en délire, issus de l'imagination
De l'encre versée naissent d'étranges constellations
Ces mots qui indépendamment sont dénués de sens
Dans leur globalité, sont bien plus que l'on pense
Et rien n'est plus beau, je le conçois
Qu'achever l'ouvrage rédigé par soi
La bataille est achevée, j'ai vaincu l'adversaire
Je la regarde, gisante à mes pieds, d'un œil fier
La farouche bête d'albâtre, terrassée aux pieds de l'écrivain
Je vous le dis, enfin, la persévérance n'est pas en vain !
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