dimanche 23 juin 2013

Elégie

Souffrance de l'amour
Qui essuie les tempêtes
Tentant de durer toujours
Malgré les éclairs sur nos têtes

Car  ce charmant bateau
Bien qu'il soit beau, qu'il soit grand
Est ballotté par les puissants flots
D'un désespoir latent

Celui qui noie mon cœur,
Pauvre naufragé oublié
Bercé par la douleur
S'endormant à jamais

Car assurément, le beau d'antan se ternit
Ce que j'ai tant vanté et tant aimé
N'était-ce qu'une couche de vernis ?
Cela, je ne le croirai jamais.

Il t'est impossible de feindre
Avec un coeur si pur
Des qualités dont on ne peut se plaindre,
Que ton coeur soit devenu si dur !

Non, je ne veux pas croire que la sirène
Non pas Ariel, celle qui réchauffe mon lit
La douce, la belle que j'aime
Puisse devenir une odieuse harpie

L'incertitude dégonfle les voiles de ma raison
Ma boussole s’affole, en tout sens
Je cherche la bonne direction
Pour retrouver la vieille luxuriance

Les vieux âges passés
Peut-être plus heureux,
Pas encore oubliés,
Où nous jouions nos jeux

Car enfin, quelle malédiction
Peut faire qu'en ton âme
Où je trouvais la beauté à foison
J'aperçoive, naissant, le chardon ?

A vrai dire, peut-on parler de chardon ?
Tu n'es pas devenue méchante
Ton coeur est toujours bon
Jamais tu ne me tourmentes ...

Et pourtant ! Pourquoi ces pleurs ?
Pourquoi n'aime-je pas ce changement ?
Pourquoi de telles frayeurs ?
Pourquoi écris-je cela en tremblant ?

Est-ce que mon jugement est faussé ?
Trompé par de fausses impressions
Suis-je devenu incapable de raisonner ?
Crains-je sans raison une funeste malédiction ?

Ou alors si je n'ai pas tort
Ah, pensée fatale !
Te faut-il faire effort
Pour chasser le mal ?

Tant de questions torturent mon esprit
Par ces changements perturbé
Je ne sais plus où j'en suis
Je n'ai plus qu'une pensée

Je languis des époques d'antan
Où, belle, douce et gentille,
Tu étais là, souriant et riant,
Et tantôt tu pleurais en m'écoutant.

Et je crains qu'elles ne soient révolues
Que la dureté et la défiance t'aient changée
Que jamais elles ne soient plus,
Et que tu ne sois plus celle que j'aimais !

Sans doute suis-je dramatique
Autant que dénué de sens pratique
Mais en incurable romantique
Ici, je ne suis point sarcastique

Vraiment, c'est mon âme qui saigne de douleur
De vouloir te voir revenir comme avant à la douceur
De vouloir que d'une larme, tu sèches mes pleurs
De vouloir enfin retrouver ton cœur

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