jeudi 14 juin 2012

Mon réveil familier

Le glorieux rêve d'amour, brisé
Splendide vision des songes
Au réveil devenue mensonge
Envolé, le fragment d'éternité

Fin de la rêverie onirique
Morne retour à la réalité
Dans ce bas monde cynique
Il n'y a nulle idylle à partager
Nul baiser à échanger

Humanité caustique
Grouillants pestiférés
Négligeant la musique
De l'amour enchanté

La foule que le bruit hante
N'a rien qui m'enchante
Comme cette belle apparue
Ma rêverie disparue

Retour à l'affreux monde dissolu
Retour aux traînées sur les rues
Retour à la société sans vertu

mardi 29 mai 2012

Les éclairs fendent le royaume céleste
De noirs nuages recouvrent le monde, présage funeste

Seul au creux de la plaine face à la colère
Des éléments, la joie emplit mon âme délétère

La foudre des cieux s'abat avec grâce autour de moi
Et la tempête, fougueuse compagne, suit mes pas

Tornades, orages et vents ravageant les alentours
La violente expression de mon amour

Subissant les affronts de la douce pluie
J'embrasse langoureusement la nuit

Ce spectacle solitaire et magnifique
Une immortelle danse poétique

Qu'à jamais perdure le mauvais-temps
Que pour toujours dure cet instant

lundi 28 mai 2012

Le Temps

Le Temps, dieu immortel et cruel,             
Observe le passage des âges infinis            
Par delà les confins de l'univers défini       
Il se délecte de la mort des mortels            

Lui, l'immonde gardien, l'immortel                       
Celui qui jamais ne connaîtra l'agonie
L'immatériel démon pour toujours impuni
Dont le monde est l'autel sacrificiel

Les Hommes sont ses jouets, ses pantins     
Il les tord et les brise jusqu'à leur fin           
D'homme vigoureux à vieillard corrompu

Le jeune homme idéaliste et vertueux
Sous l'effet du Temps, voit son serment rompu
Jeune, il meurt puis il renaît, brisé, mauvais, vieux
Bataillons célestes fendant gracieusement l'air
Armées formées d'importants missionnaires
Et chevaliers, si semblables à la poussière
Ils traversent les montagnes et les mers
Pour trouver les belles qui sauront leur plaire

Le pollen virevoltant emplit l'atmosphère
En cette journée de printemps familière

vendredi 25 mai 2012

Je suis sur le fil du rasoir
A deux pas de m'effondrer
Au milieu du chemin, en équilibre instable
Risquant d'essuyer une chute impitoyable
Dois-je avancer ou reculer ?
La vie est illusoire
Le Poète, sur la terre des Hommes, exilé
De l'austère et violente société
Se nourrissant de vers d'une rare qualité
Du reste du monde, il est isolé
Par les gens communs renié, châtié, hué
C'est dans les bas-fonds où on l'a chassé
Qu'il est le plus proche des Cieux, du Sommet
Achevant son vers brisé, son sonnet
Combattre avec férocité l'ennui
A mort s'affronter, triompher de l'ennemi
Tapie dans mon cœur, cette infâme maladie
Ronge mon âme et hante mes nuits