jeudi 17 mai 2012

Des étoiles

Parmi d'autres choses, paraît-il, je suis un élève hors-normes. Oui, sans doute, ainsi que l'on me l'a répété encore récemment, c'est qu'apparemment cela n'est pas faux.  Pas que mes résultats soient absolument exceptionnels puisque d'aucuns me surpassent en ces affaires, mais c'est que mon esprit lui-même doit porter quelques particularités et spécificités qui me rendent encore différent de ceux qu'on voit habituellement en tête des classes, ces douces têtes blondes qui semblent n'étudier que par nécessité et s'y abandonner en toute perplexité dans l'espoir d'un avenir meilleur, sans forcément vraiment éprouver d'intérêt pour la matière, mais excellant par excès de zèle.

Moi, loin d'y voir une sorte de mal nécessaire et d'y faire preuve de trop de ce zèle déraisonné, je dois dire que c'est plutôt que je m'enthousiasme d'étudier, de comprendre, d'apprendre et de raisonner, et c'est sans doute cela qui fait ma force plutôt que la capacité à ingurgiter un cours pour le vomir et sitôt l'oublier le contrôle passé, méthode qu'on peut critiquer au possible, mais celle qu'encourage actuellement l’Éducation Nationale.

Pas besoin de comprendre, il suffit d'apprendre par cœur et qu'importe qu'on ne sache pas ce que l'on fait puisque rien ne vérifie en soi le degré de compréhension de l'élève, chaque contrôle n'est qu'une évaluation secrète de la mémoire plutôt que du raisonnement. Je suis plutôt d'avis qu'il faut faire de passion et d'un vif intérêt pour ce que l'on tache de nous inculquer, et ne pas s'en cacher. De la passion, voilà ce qu'il manque aux étudiants de nos temps ! La passion du savoir est le flambeau que les pédagogues et professeurs doivent s'évertuer de transmettre aux générations futures.

Donc, en vertu de cet esprit apparemment si spécial qui fait tout mon caractère, selon ces bienveillants professeurs, les uns me voient futur physicien théorique, chimiste, généticien ou biologiste, d'autres professeur ou philosophe, certains politicien ou historien, ma fibre littéraire est supposée me conduire à un avenir d'écrivain, etc. Que d'opinions diverses, et chacun tentant de m'attirer vers sa filière !

 Personnellement, je me vois plutôt devenir un écrivain et professeur grisonnant, affublé d'une barbe à la Marx et d'une paire de lunettes rondes, une sorte de vieux philosophe austère et désillusionné qui cite Platon avec un air las. Cependant, je me demande si en étant adolescent, je ne corresponds pas déjà à cette image, à l'exception de quelques attributs. Bon sang, j'ai souvent l'impression d'être un vieillard dans un corps d'enfant.

J'ai entendu ce genre de choses, ces éloges de mes capacités et de certains dons dont je disposerais, tant de fois que je ne saurais les compter. Il semblerait que nul ne puisse se tromper sur mon engagement vis-à-vis de mes études et d'une passion et d'un intérêt vif que je me plais à démontrer dans les matières qui me plaisent, en particulier les disciplines littéraires. Ce qui me rend différent, ce doit être ce feu intérieur qui brûle en moi, cette soif inexorable pour le savoir, cette volonté qui m'anime d'accéder à l'Illumination intellectuelle et à un entendement supérieur des réalités du monde, cette transmutation alchimique du savoir en sagesse que je vise à acquérir ... Appelez-moi Trimégiste, je découvrirai la pierre philosophale et surpasserai Flamel.

Néanmoins ... J'ai le sentiment que ces professeurs faisant mon éloge ignorent aussi ce que ces élèves hors-normes peuvent ressentir. Sans doute n'est-ce pas là leur profession, évidemment, mais il est une chose à clarifier, et c'est que de l'isolement afin de profiter de la sagesse des écrits anciens, tandis que l'on voit tant de personnes batifoler joyeusement sans se perdre dans de sombres pensées ou ruminer les pensées d'austères philosophes, on a l'impression d'être en décalage avec cet univers extraverti au possible et tourné vers la consommation des plaisirs instantanés. Il en ressort une sorte de souffrance, le sentiment de ne pas tout à fait appartenir au même monde, l'impression d'être à jamais incompris. Introversion, es-tu ma bénédiction ou mon éternelle malédiction ?

 La qualité de l'esprit vient en partie de cette souffrance. L'érudition s'atteint par le sacrifice. Peut-être ne parais-je que plus intelligent que la moyenne simplement parce que cette moyenne est faite d'idiots qui ne lisent jamais et passent leur temps à regarder la télévision ou à traîner sur Facebook, qu'en sais-je ? Ou alors, vraiment, suis-je encore différent, sans que l'on prenne en compte le fait que le niveau scolaire moyen a drastiquement chuté ces dernières années et que les gens soient de plus en plus bêtes ? Je ne sais pas en juger et ce n'est pas à moi de le faire, ni à personne d'autre, d'ailleurs. J'imagine que je suis qui je suis, point.

Quoi qu'il en soit, ma culture en tous domaines surpasse si largement celle du lycéen moyen que j'ai sûrement à ses yeux plus de points communs avec une encyclopédie qu'un être humain, bien que je sois fait de chair plus que de cellulose.  Mais enfin, hélas, j'en reste donc un, et je dois dire que derrière mes apparences froides et dures, je suis sans doute l'une des personnes les plus sensibles qui soient, bien que rares soient les personnes qui puissent en témoigner, car j'ai le culte du mystère et du secret.

Cependant, je n'ai aucune aptitude sociale et mes amis se comptent sur les doigts d'une seule main. Je vis dans une solitude pratiquement ascétique et je ne ressens pas le besoin de parler avec des gens qui ne m'intéressent pas. En réalité, j'ai trouvé si peu de gens vraiment intéressants que mes contacts sociaux sont effroyablement limités. Ah, néanmoins, je suis persuadé qu'il y a en ce monde des âmes qui me sont similaires, des gens qui ressentent les choses comme moi. Exilés que nous soyons de cette société moderne et malade qui fonce sans réfléchir vers la destruction pure et simple dans une grande explosion de couleurs psychédéliques, c'est parce que nous sommes différents que nous devons nous unir. De grands esprits pris indépendamment ne sont qu'une plus grande puissance lorsqu'on les combine. 

Les masses me sont des marées incessantes d'ombres et de ténèbres qui hurlent dans la nuit. Où êtes-vous, brillantes étoiles, au milieu de toute cette cacophonie et de cet enfer, au milieu des autres ? Je brûle du désir de m'envoler à vos côtés dans le firmament, mais je ne trouve pas la force de décoller de ce sol putride que j'exècre pourtant. Je languis de brillantes rencontres avec des esprits captivants, mais le sort me condamne à ne vivre pratiquement qu'aux côtés de crétins simples d'esprit. Encore combien d'années dois-je passer au milieu des ténèbres ? Combien de temps encore avant de m'échapper vers des espaces plus éclatants ? Par quelle cruauté du sort dois-je rester pour l'éternité dans l'ombre ? Qu'ai-je fait pour mériter mon sort ? Dois-je continuer d'espérer avant d'être mort ? Où trouver les étoiles ? Le ciel est obscurci, je n'y vois pas d'astre. Les rares comètes qui y passent et que je tente d'attraper dans un élan d'impétuosité me renvoient violemment sur la terre des Hommes après avoir brûlé mes ailes, au point que j'en souffre davantage que si je n'avais jamais rien tenté.

Y a-t-il seulement d'autres étoiles prisonnières de la gravité, comme moi ? Les trouver, si elles existent, m'aiderait sans doute à m'enfuir de ces masses grouillantes régies par la pensée unique et les médias télévisés. Mais où les trouver, enfin ? Les ombres sont si denses et si nombreuses, comment entrevoir la lumière dans cet océan de ténèbres ? Chaque fois que je crois apercevoir une lueur dans cette noirceur et que je l'approche avec un mélange d'espoir et de peur, je ne touche que du vide. Ce vide si oppressant, je crois lentement m'y noyer. Ce monde aura ma peau, il devient insoutenable d'y vivre, même en pleine autarcie, surtout en pleine autarcie, car ma tour d'ivoire menace d'être lentement inondée par les vagues de l'ignorance et ma réclusion condamne la solution de la fuite. Plutôt que d'être transporté vers des sphères intellectuelles supérieures aux côtés de gens de la même qualité que moi, c'est ma sanité qui lentement s'envole, laissant une carapace vide se remplir lentement de la noirceur des ténèbres qui touchent la globalité de l'Humanité. J'ai fini par le réaliser : seul, je finirai par dépérir, ce n'est plus qu'une question de temps. Je suis face à une digue qui menace de s'effondrer. Les flots sont sur le point de me submerger et d'emporter avec eux ce qu'il me reste de raison. Combien de secondes encore avant que je finisse par tant souffrir que mon esprit en vienne à se briser ?

Qu'importe ma supériorité intellectuelle présumée, je ne peux rien face aux vicissitudes de la vie et à l'oppression que me suscitent les gens inintéressants, si je reste seul. La solitude, bien qu'elle soit la seule déesse à laquelle je prie, et de ce point de vue mon culte est l'un des plus fervents, bien que je l'adore, la cultive et la remercie de m'accorder son intangible compagnie, seule maîtresse de mon âme qu'elle puisse être, la solitude est autant un poison pour mon cœur qu'elle est un don pour mon esprit. Ne m'en veux pas, solitude, de vouloir te délaisser, mais si je pouvais te remplacer par une seule personne qui me soit similaire, une seule personne qui me comprenne, une seule personne qui ait ce même goût pour les choses de l'esprit, pour l'art, les sciences, les langues, la littérature, la musique, tout domaine d'expression et de connaissance, je le ferais sur-le-champ. Je suis persuadé que s'il vaut mieux être seul que mal accompagné, il vaut également mieux être bien accompagné que seul. Vivre seul, j'ai connu ça pendant toute ma vie. C'est d'ailleurs le seul moyen de vivre que je connaisse. Mais ce mode de vie, bien que mon esprit lui doive son salut, il me détruit tout en m'élevant.

Je serai peut-être bientôt digne d'un visionnaire capable d'éclairer ce siècle et de mener l'humanité vers un avenir plus brillant, j'ai toujours voulu tendre vers cette sagesse et cette perception supérieure des choses dans un intérêt humaniste, mais quel en sera le prix ? Pourrais-je seulement atteindre ce but avant de succomber à la folie ou mourrais-je avant ? Il me faut trouver quelqu'un qui me soit similaire, une âme-sœur, quelqu'un qui connaisse mes souffrances en les ayant connues par elle-même, et que je parvienne à me lier avec cette personne. A deux, les choses seront tolérables. Seuls, elles nous briseront individuellement, et les ténèbres continueront à régner. J'ai connu des gens qui m'étaient semblables, mais essentiellement par échanges épistolaires et numériques. Jamais de rencontre physique. Et cependant, aussi intéressant que cela soit, cela n'est pas suffisant, bien que j'aie eu le tort de le croire. Aristote avait raison.

L'Homme est effectivement un animal social, il a un besoin désespéré de contact physique et non pas d'une simple proximité intellectuelle, l'amour platonique est une chimère fantasmagorique. Les Idées sont froides et ne valent pas la chaleur du contact humain. Je ne fais pas exception, je n'ai pas la prétention et la force nécessaires pour m'élever au-dessus de ces lois élémentaires qui forment l'instinct humain, j'ai déjà épuisé tout mon courage à maintenir mon mode de vie jusqu'à ce jour alors que je n'ai pas encore vingt ans. Je n'ai pas l'arrogance de m'élever contre les lois de la Nature ou la force de vivre dans la solitude absolue, loin de tout contact humain, dans la calme quiétude d'un paisible refuge que l'humanité n'aurait pas encore souillé de sa présence. Je ne peux plus vivre seul ou tout ce que j'ai tenté de construire sera détruit car mon potentiel sera gâché par la folie qu'aura suscité en moi la solitude.

 Il me faut quelqu'un, mais quelqu'un qui ait de la qualité. Pas l'un de ces idiots congénitaux qu'on trouve par milliards dans ce monde décadent, non. Il me faut passionnément étreindre une étoile. Une de ces étoiles qui sont, comme moi, enchaînées sur la Terre par les cruels liens de la société. Je dois commencer ma quête pour trouver ces magnifiques astres qui languissent eux aussi de toucher le royaume des Cieux, en désespoir de cause. Inutile d'observer le ciel avec envie pour le moment, je dois me concentrer sur la façon de traverser la marée des ténèbres pour trouver ce fabuleux trésor pour lequel je languis, et qui vaut tout l'or du monde. Je dois ralentir ma quête de l'absolu intellectuel et me concentrer davantage sur le monde physique pour mener à bien cette mission que je m'impose.

Alors, ma détermination qui s'effrite au passage du temps et mes convictions qui sont ébranlées par le contact avec la lie de l'humanité, ces forces qui me maintiennent en vie et qui perdent de leur substance alors que j'écris ces mots, et dans le fond, ils sont écrits avec mon sang, celles-là retrouveront tout leur éclat et la flamme de l'espoir qui menace de s'éteindre s'embrasera soudainement pour dégager une chaleur formidable inconnue à ce jour, ce sera un brasero ardent dans mon cœur qui élèveront mon âme et mon esprit vers des jours meilleurs.

Voilà ce à quoi j'aspire. Maintenant, excusez-moi mais je vais commencer à chercher les étoiles, à la manière de Diogène de Sinope qui déambulait en plein jour au cœur d'Athènes avec sa lanterne à la main, clamant rechercher "l'Homme" de Platon. Il ne me semble pas qu'il l'ait trouvé, et sans doute n'était-ce là qu'une manifestation de sa malice et de sa nature cynique et satirique, lui qui aimait tant se moquer de l'absurdité. Me voilà, cherchant l'étoile propice à m'élever et quant à moi, je ne m'arrêterai pas avant de l'avoir trouvée.

11 commentaires:

  1. Le nom de ton blog m'a interpellé et je me demandais : es-tu b2ologue?
    Cordialement, un aristotélicien convaincu.

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  2. Ta philosophie de vie me parait pourtant très proche de celle du Messie. En effet, les âmes inférieurs ralentissent le monde et seule la richesse personnelle sauve l'être du néant et du vice. Il faut suivre une voie diamétralement opposée de celle de la masse absconse et abrutie qui malheureusement, se perd dans les méandres de l'inculture et dans l'appréciation de plaisirs vains pour l'esprit et le corps. Le Messie nous dis ceci "et ils veulent tous rapper, comme si ils avaient quelque chose à dire". Penses-tu que l'expression devrait être limiter quand il s'agit de simples babillements ennuyeux et naïfs, passablement inintéressants et qui ne connaissent de la vérité que la partie taillée de l'iceberg par les médias et les préjugés qui gangrènent notre réalité?

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  3. Je ne pense pas à proprement dire qu'il faudrait limiter l'expression de ces babillements ; ce serait liberticide. Cela dit, j'ai confiance en l'humanité et je crois que la meilleure partie qui la constitue sait passer outre ces pseudo-artistes et pseudo-penseurs et les considérer pour ce qu'ils sont vraiment : nul besoin de limiter leur expression. La vraie personne éclairée sait distinguer le sage du sot sans qu'on ait besoin de le faire pour elle. Quant à la métaphore de l'iceberg ; elle tient debout, si ce n'est que tu considères que les préjugés et les médias ont part à l'édification de la vérité, ce qui n'est naturellement pas.

    Sapere aude, voilà mon motto.

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    1. L'iceberg taillé, c'est-à-dire falsifier. Sauf TF1 bien sûr, qui est la chaine de la vérité absolue.
      Merci de ton éclairage! Aurais-tu un conseil de lecture pour agrémenter le sujet suivant qui est la reconnaissance de la véritable sagesse parmi idiosyncrasie ambiante?
      Enfin prônes-tu plus une ouverture bienveillante aux imbéciles et aux pseudo sage pour les remettre sur le droit chemin ou une vie d'ascète et de méditation? Une sorte d'izi life cartésienne en quelque sorte.

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    2. Il n'y a pas à mon sens de lecture qui apprenne la distinction de la sagesse d'avec le babillage ; si ce n'est peut-être la pratique socratique : soumettre sans arrêt ce qui apparaît sous nos yeux aux trois cribles : la vérité, la bonté et la nécessité.

      J'ai oscillé entre les deux visions de l'ouverture au monde et du repli sur soi pour pratiquer la méditation et les deux ont leurs vertus ; mais j'ai désormais tendance à penser que puisque nos vies sont brèves, il est vain de les passer à ne faire que méditer dans une solitude ascétique car on ne saurait profiter correctement des fruits de ces méditations dans le temps qui nous est imparti : il faut imiter Rimbaud et être voyant, se faire voyant, devenir voleur de feu et s'ouvrir à autrui pour partager ses visions, ces rares moments où l'on contemple furtivement la vérité. La méditation est vaine si elle ne sert que soi : elle doit être le fondement d'un enseignement bénéfique pour soi et autrui, pas un trésor jalousement gardé.

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    3. Pourtant tu disais préférer vivre dans la solitude? Que les flots sombres de l'insanité humaine pourraient faire pencher ta tour d'ivoire que tu chéris tant. Faut-il vivre en autarcie, mais pas trop en fait?

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  4. Je tiens à préciser que cette entrée date de plus d'un an ; entre temps j'ai notamment connu l'amour et j'ai su m'ouvrir à ce que l'humanité a de bon. La vie dans une autarcie absolue est aliénante et source d'une certaine souffrance ; celle dans la sociabilité pure est à l'origine d'une jouissance débilitante et misérable.

    J'ai appris à m'ouvrir sans me laisser annihiler par la bassesse de l'humanité : on trouve une certaine volupté intellectuelle à converser avec un autre être humain qui mérite sa moelle épinière, et cette ouverture permet un enrichissement par une dialectique non artificielle qui permet de mieux faire surgir la vérité ; au lieu que méditer seul peut amener à une insistance bornée dans l'erreur.

    Ainsi, il faut s'ouvrir et non pas se replier sur soi-même, mais s'ouvrir à des êtres auxquels on mérite de s'ouvrir, pas au premier imbécile venu.

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  5. Aaaa! Voilà qui est mieux! Mais la sociabilité sélective n'ôte-t-elle pas un pan à notre intériorité et à nos réflexions puisqu'on ne peut juger véritablement de l'humanité car l'expérience d'une de ces parties nous manque? Comment comprendre l'autre et nous-même, comment avancer dans la dialectique si l'on ne s'ouvre pas à ce qui est opposé? On pourrait en tirer des généralités fausses sur la psychologie de l'être humain par préjuger et ignorance. Car l'aristocratie intellectuelle souvent croit que les livres délivrent toutes les vérités et qu'il suffit juste d'en discuter pour être d'accord. Une sorte de diktat sans concertation

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  6. Le commentaire de cet anonyme m'a également surpris. Je suis lecteur de ce blog depuis le debut de l'année 2012 et étant moi-même B2ologue depuis 2006, j'ai toujours pensé que l'auteur était, lui aussi, un disciple de la B2ologie.
    Permettez-moi de developper mon propos en toute objectivité.

    Vous employez réguliérement une métaphore des étoiles et autres matières célèstes, ce qui est également présent dans les propos de notre Messie ["Je rappe depuis le ciel, et les étoiles entre elles, ne parlent que de moi"]. Vous souhaitez ardamment rejoindre ces étoiles que vous cherissez tant ["Enfin je pourrais trouver le calme, je serais seul comme une étoile"]

    J'ai remarqué que vous éprouviez une souffrance face à la vie, vous n'hésitez pas à vous questionner sur l'existence de votre âme. Je me souviens que vous avez même émis l'hypothèse que vous n'en aviez pas ["J'monte pas au ciel car je n'ai pas d'âme"]

    Une autre métaphore présente dans votre oeuvre est celle de l'océan, symbole de liberté. Vous semblez le chérir à l'instar de Charles Baudelaire qui écrivez au commencement des Fleurs du Mal " homme libre, toujours, tu chériras la mer". Cependant cela est également présent dans la parole de notre Messie ["pirate n'a jamais mal au coeur sur océan"]

    Je me souviens aussi d'un de vos poèmes, écrit en anglais. À la lecture de cette création, je pense que nous pouvons affirmer que vous maîtrisez parfaitement cette idiome... Comme notre messie ["bitch bien sûr je parle anglais, je suis wealthy, je suis rich"]

    Enfin mon dernier point s'articule en deux temps. Le premier est que vous assumez pleinement votre mépris de l'homme moderne au point de vous considérer comme pouvant ètre un animal ["Mi-gorille, mi-lion, 100% rat des villes"] ["Lien de parenté gorille dos argenté selon les chercheurs"] ["Des hormones de dos argenté constate les analyses"]

    J'admire votre soif de savoir inextinguible. Vous ne voulez pas que l'on vous donne la bonne réponse, vous souhaitez la trouver seul ["Je ne veux pas de ton poisson, je veux que tu m'apprennes à pêcher"]

    Malgré votre période de disette de plusieurs mois, vous êtes à nouveaux productif sur ce blog et cela pour longtemps ["J'suis en place pour long time #Sekou Touré"]

    J'aimerais avoir votre sentiment sur ce sujet.

    Sylvain

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  7. Vous avez enfin trouvé une étoile compagne à étreindre, pour mépriser dans vos embrassements toutes ces délectables conneries d'érudition, et les aimer secrètement avec elle :) J'ai vu qu'on vous admirait et qu'on faisait de vous un sublime mystique. J'admire moi aussi votre prose céleste et frappante, j'admire l'exception et la vivacité de votre esprit. Mais j'adore surtout votre désinvolture, votre humanité quotidienne, et votre tendresse la plus sucrée.

    Roxane

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