Il est un fait qui caractérise notre siècle plus qu'un autre : après que nous soyons sortis d'un âge de ténèbres et que nous ayons revisité notre héritage antique sous la Renaissance, nous nous trouvons désormais dans un âge caractérisé par l'ignorance et une décadence des mœurs telle qu'elle ne dispose même pas de la beauté et de l'extase des sens qui est le propre de l'hédonisme, qui bien que je la considère comme une doctrine avilissante, se révèle encore bien plus sophistiquée et raffinée que la débauche immorale et obscène de plus en plus présente au fil des générations en nos temps.
Notre époque n'est même plus caractérisée par de simples plaisirs libertins pratiqués dans une certaine élégance mais par une véritable dépravation jusque là rarement connue, tandis que les artifices intellectuels et artistiques qu'elle produit sont loin d'équivaloir la qualité et la beauté des génies des siècles passés. Le véritable amour est en exempt.
Prenons l'exemple de la musique. Évidemment, il existe toujours de grands orchestres et l'on joue toujours des symphonies de Beethoven, des œuvres de Wagner, Mozart, Chopin ou Bach, pour ne citer qu'eux. De même, et bien heureusement, la poésie existe toujours et l'humanité n'a pas encore perdu le sens de la beauté des choses, sans quoi nous serions bien damnés. Non, en effet, la splendeur musicale existe toujours et des génies de l'harmonie sonore savent encore recréer ce sentiment et cette majesté qui caractérise les œuvres des grands compositeurs et qui émeut l'âme. Là n'est pas la question, mais le fait est que de telles créations sont noyées dans la masse de pseudo-créations insipides et sans âmes qui sont pourtant si populaires de nos jours. Nous vivons une sombre époque où les génies demeurent majoritairement dans l'ombre tandis que brillent les adeptes d'une poésie hideuse et fade, quand du moins l'on peut nommer cela de la poésie, compte tenu du fait qu'il s'agit encore souvent d'une prose insensée. C'est un triste fait, mais la musique, qui existe depuis l'aube des temps et est un instrument sacré pour l'élévation de l'esprit et de l'âme, subit elle-même cette déchéance et flétrit de par la recrudescence de pseudo-musiciens sans talent qui ne font que déprécier leur art.
Concernant le cinéma, on peut là aussi noter un soudain engouement pour des films creux et sans message, sans style propre, sans âme, sans symbolisme ou même intérêt que ce soit, bien des films n'étant qu'une infâme poudre qu'on vous jette aux yeux, des images stupides défilant à toute allure sur un écran, mettant en scène une intrigue pitoyable écrite sur un post-it une après-midi pluvieuse. Là encore, l'espoir existe toujours et de nombreux réalisateurs excellent dans leur art avec cette fois très souvent le succès qu'ils méritent, mais j'en viens à me demander si l'on reverra un jour un Kubrick ou un Hitchcock.
La littérature est peut-être l'art le moins touché par cette décadence puisqu'il existe encore bien des romanciers, essayistes, philosophes et autres nouvellistes n'ayant point renoncé à l'art de l'écriture. On remarque là aussi néanmoins l'apparition, notamment dans le genre romanesque, d’œuvres ridicules élevées au rang de chefs d’œuvre, le même genre de créations littéraires qu'on porte ensuite sur le grand écran et qui rencontrent encore le même succès effronté qui n'a pas raison d'être, sinon qu'il fût bien plus modéré au regard de la qualité de l’œuvre.
La peinture est un art fortement touché par cette popularisation de l'art, qui d'une certaine manière l'abâtardit. Nous sommes passés de courants artistiques aux productions sublimes, comme l'Impressionnisme, l'Expressionnisme, même le Cubisme et le Fauvisme, tiens, avec des noms aussi éternels que Rembrandt, Renoir, Cézanne, Delacroix, Picasso, Monet, Manet ... à des productions dénuées de toute beauté, que l'on nomme Art Abstrait. Enfin, il est tellement abstrait qu'il n'a plus rien d'artistique dans la majorité des cas. Certains peintres comme Kandinsky ont su faire de l'art abstrait intéressant, des créations légèrement surréalistes sans rien avoir d'un Dali pour autant, mais tant de ces toiles ne sont que des assemblages difformes de formes géométriques colorées et de lignes, comme si les mathématiciens s'essayaient à la peinture. J'ignore ce qu'il en est, et comment on peut considérer cela de l'art, mais je sais que cela me paraît bien laid et sans chaleur, du pseudo-art qui n'a rien de Beau, au point que quiconque barbouillant hasardeusement sa toile dans un état confus d'ébriété peut désormais s'auto-proclamer artiste et être considéré comme tel par les masses et les pseudo-critiques.
La peinture est un art fortement touché par cette popularisation de l'art, qui d'une certaine manière l'abâtardit. Nous sommes passés de courants artistiques aux productions sublimes, comme l'Impressionnisme, l'Expressionnisme, même le Cubisme et le Fauvisme, tiens, avec des noms aussi éternels que Rembrandt, Renoir, Cézanne, Delacroix, Picasso, Monet, Manet ... à des productions dénuées de toute beauté, que l'on nomme Art Abstrait. Enfin, il est tellement abstrait qu'il n'a plus rien d'artistique dans la majorité des cas. Certains peintres comme Kandinsky ont su faire de l'art abstrait intéressant, des créations légèrement surréalistes sans rien avoir d'un Dali pour autant, mais tant de ces toiles ne sont que des assemblages difformes de formes géométriques colorées et de lignes, comme si les mathématiciens s'essayaient à la peinture. J'ignore ce qu'il en est, et comment on peut considérer cela de l'art, mais je sais que cela me paraît bien laid et sans chaleur, du pseudo-art qui n'a rien de Beau, au point que quiconque barbouillant hasardeusement sa toile dans un état confus d'ébriété peut désormais s'auto-proclamer artiste et être considéré comme tel par les masses et les pseudo-critiques.
Et ironiquement, tandis que l'on élève en génies des personnes sans talent, nous oublions de contempler les créations du passé, alors que c'est bien dans le passé que l'on puise l'inspiration pour modeler l'avenir. Ce n'est pas un hasard si les plus grands génies des arts avaient pour la plupart une grande connaissance des auteurs antiques et une érudition remarquable : il n'y a que par la connaissance des œuvres passées de son art que l'on peut tirer de quoi briller réellement et avec tout le mérite dû. Rares sont les exceptions, les personnes capables de briller par leur talent sans avoir eu le loisir d'étudier leurs prédécesseurs, bien qu'ils existent bel et bien et qu'ils soient souvent les grands précurseurs d'une évolution majeure. Et qui plus est, si de telles personnes déjà remarquables de par leur simple esprit parviennent à tirer le meilleur de leurs études, nous obtenons là des gens exceptionnels qui brillent tels des flambeaux, des exemples qui éclairent leurs siècles.
Enfin, le talent dans l'art est sans doute inné : n'est pas écrivain ou musicien doué qui veut, la pratique aidant simplement à forger ce talent déjà préexistant. Néanmoins, nos temps font que bien des gens ne disposant pas de ce talent inné s'essaient aux arts. S'il n'est rien de mauvais en soi en cela, bien entendu, cela pose néanmoins le problème du surplus d'informations. Les génies et gens talentueux finissent noyés dans cette masse de gens communs. De même, puisqu'une certaine part de l'humanité a perdu le goût de la littérature, de l'érudition et de la connaissance, c'est à travers notre ignorance que nous élevons en chefs d’œuvre des gens ne le méritant en réalité pas : ne connaissant que trop mal notre passé artistique, nous vénérons ce que nous connaissons le mieux, c'est à dire une époque moderne caractérisée principalement par cette médiocrité commune, d'où des standards de qualité remarquablement bas.
Pour remédier à cela et redonner aux arts leur splendeur, il est sans doute nécessaire de passer par une éducation efficace et profonde par l'étude des écrits anciens. De même que les Lumières ont éclairé un Moyen-Âge décadent et que la Renaissance a redonné le goût pour l'Antiquité, il est de notre devoir de promouvoir la connaissance et l'érudition afin que nous nous échappions de la pauvreté artistique et culturelle dans laquelle nous ne faisons que nous enfoncer. La constatation de cet état de fait est très simple : étudiez les romans les plus vendus, en particulier ceux dédiés à la jeunesse, et comparez-les à leurs modèles plus anciens, ceux dont ils inspirent vaguement parfois même sans le savoir ; de même, écoutez les chansons et autres musiques de notre époque les plus populaires : il est rare qu'il s'agisse de chefs d’œuvre, et en réalité ils témoignent encore là de cette insipidité que nous devrions exécrer et que pourtant nous idolâtrons.
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